Dans le développement du harcèlement scolaire, les facteurs environnementaux jouent toujours un rôle important. Parmi ces facteurs, il y a notamment les attitudes, les routines et les comportements des adultes qui influent sur l’environnement scolaire. Les programmes d’interventions qui ciblent ces facteurs cherchent à créer un environnement propice à la diminution de la fréquence d’apparition et de la répétition du harcèlement.

Les programmes de lutte contre le harcèlement scolaire

L’OBPP (Olweus Bullying Prevention Program) est le premier programme de lutte contre le bullying (harcèlement en anglais) à l’école. Il vise à améliorer les relations avec les pairs et à faire de l’école un lieu plus sûr et plus positif. Le but du programme est de prévenir le développement de situations de harcèlement, de réduire celles qui existent déjà et d’améliorer les relations entre enfants. Ce programme comporte différents niveaux d’actions : l’école, la salle de classe et le niveau individuel. Il cible particulièrement :

  • L’ajustement des comportements des adultes pour faire preuve de positivité à l’égard des élèves ;
  • La mise en place de limites claires et strictes sur les comportements inacceptables en classe ;
  • L’application de mesures cohérentes et non agressives en renvoyant aux enfants des modèles positifs, acceptés par tous et faisant autorité.

Il existe d’autres programmes comme le KiVa, mis en place en Norvège depuis 2007. Ce programme s’inspire de différentes approches de la conscience sociale et comportementale. Il vise principalement les enfants spectateurs du bullying. Le but est de réduire les « récompenses sociales » et donc le renforcement positif des situations de bullying. Le programme est basé sur le développement de l’empathie chez les enfants témoins de harcèlement. L’information transmise aux élèves prend la forme de discussions, de documents pédagogiques, de vidéos, de jeux de rôles, etc.

De nombreux aspects de ce programme constituent des interventions significativement efficaces : supervision des terrains de jeux, travail coopératif, intervention auprès des parents, etc.

Dans le programme No Trap, l’intervention consiste à faire participer activement les enfants à l’élaboration d’un site Internet contre le harcèlement. Cela s’adresse plutôt à des élèves du secondaire. Certains élèves ont un rôle de modérateurs du forum en ligne : ils supervisent l’application des règles de discussion et peuvent apporter des réponses aux utilisateurs. Ce programme comporte aussi des activités hors ligne avec des ateliers centrés sur l’empathie et la résolution de conflits.

Un autre programme s’adresse tant aux élèves qu’aux enseignants, familles et personnels scolaires. L’accent y est mis sur la théorie de « l’apprentissage social ». Ce programme tend à inculquer le sentiment de responsabilité partagée afin de prévenir l’apparition et la répétition des comportements de harcèlement.

Il s’adresse particulièrement aux élèves du secondaire. Le but est de mettre en place un cercle vertueux de circulation du savoir et de formation mutuelle. Les participants apprennent à reconnaître les situations de bullying et les attitudes à adopter face à ces situations. Ils travaillent activement ensemble afin de trouver des moyens pour éviter les comportements agressifs dans la classe.

Les initiatives pédagogiques contre le bullying

En France, de nombreuses initiatives pédagogiques ont été mises en place. Un plan d’action en dix mesures a été proposé en 2019 par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse. On y retrouve la mise en place de programmes de prévention, des concours « Non au harcèlement » pour que les élèves puissent proposer des solutions, une plateforme nationale pour identifier les intervenants, etc.

Une journée internationale contre le harcèlement en milieu scolaire et le cyber-harcèlement a été instaurée, pour rappeler les grands principes de lutte contre ce fléau et proposer une approche globale. Celle-ci inclut la mise en place d’un cadre juridique et de politiques nationales.

La collaboration entre le secteur de l’éducation et une grande diversité de partenaires permet une plus grande efficacité de la recherche et de la collecte de données. Elle favorise également la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des programmes. Cette collaboration permet donc la mise en place de programmes ayant fait la preuve de leur efficacité et dont vous avez pu découvrir quelques exemples.

La formation des enseignants sur la gestion positive des classes et sur le harcèlement scolaire apparaît aussi comme un enjeu important de la réussite des programmes d’intervention. En effet, elle favorise la mise en place d’un environnement scolaire plus sûr.

Ainsi, la prévention, mais aussi le soutien et l’orientation des élèves victimes de bullying apparaissent comme des éléments essentiels d’une prise en charge efficace.

Dr Guedalia Peretz ASSUIED
Pédopsychiatre
Pau