Selon certains chercheurs, la privation de sommeil est un facteur essentiel responsable de surpoids et d'obésité. En effet, un gain de poids, une augmentation de l'apport calorique et une augmentation du tour de taille et de la masse grasse de l'organisme sont associés à un sommeil insuffisant et de mauvaise qualité.

L'évolution de la société ces dernières décennies

Depuis plusieurs décennies, l’évolution sociétale montre que le pourcentage de gens obèses dans la population est passée de 10 à 30 % (sans même tenir compte du surpoids, qui touche la moitié des Français). Parallèlement, nos nuits se sont trouvées écourtées en moyenne d’une heure en quelque 50 années… De plus, 30 % des adultes se disent insatisfaits de leur sommeil.

À cet égard, les différents confinements ont recréé des conditions presque expérimentales : un sommeil anarchique (puisqu’on pouvait se coucher tard et se gaver d’écrans), une activité physique particulièrement restreinte, une anxiété diffuse… Résultat : entre 2,5 et 4 kg de plus.

Quels sont les mécanismes en cause ?

Le système hormonal

Le système faim/satiété est régulé par des hormones. Le manque de sommeil stimule la production de ghréline, hormone qui déclenche la faim, et induit une diminution de la production de leptine, qui elle, réduit cette sensation.

De plus, le manque de sommeil stimule le cortisol, hormone du stress, qui augmente notre sensation de faim et stimule notamment l’envie de sucre.

Le cortisol induit également une certaine résistance à l’insuline, qui va donc nécessairement devoir augmenter pour réguler la glycémie. Cela a pour conséquence le stockage des graisses, notamment au niveau du ventre et du haut du corps.

Tout concourt donc à nous pousser vers une augmentation de notre consommation alimentaire.

Une étude de 2017 montre que le manque de sommeil s’accompagne d’une surconsommation alimentaire d’environ 400 calories par jour… de quoi augmenter votre poids de 10 à 20 kg en une seule année !

La consommation d'aliments qui vont nous réconforter de notre fatigue

Et en général, il ne s’agira pas de fruits, de légumes ou d’aliments riches en protéines !

On aura plutôt envie d’aliments gras et sucrés, qui stimulent la production d’orexine. Cette hormone aide à lutter contre la fatigue et nous pousse à consommer des aliments « récompenses », moins utiles pour assouvir la faim que pour combler un manque émotionnel ou une difficulté psychologique.

Ce fait s’observe notamment chez les enfants et les adolescents qui dorment insuffisamment : biscuits, gâteaux et sodas sucrés constituent l’essentiel de leur alimentation en dehors des repas.

Puisqu’on ne dort pas, on mange !

Le temps d’éveil allongé offre autant d’occasions de consommer davantage et favorise en particulier le grignotage – et sûrement moins de morceaux de pommes que de biscuits.

Puisqu’on est fatigué·e, pas de sport

Et voici qu’une cause supplémentaire s’ajoute aux autres pour favoriser le surpoids : la sédentarité et la réduction de l’activité physique. En effet, on va plutôt prendre la voiture que le vélo, l’ascenseur plutôt que l’escalier – bref, on va fonctionner à l’économie d’énergie, avec les conséquences désormais bien connues sur le métabolisme et le poids.

Toutes les expérimentations le prouvent, ainsi que l’observation. La réduction du sommeil s’accompagne d’une augmentation de la consommation alimentaire, et par conséquent d’une prise de poids. Pour les mêmes raisons, un régime alimentaire qui ne s’accompagne pas de mesures sur le sommeil a plus de risques d’échouer.

Sources : https://youmatter.world/fr/temps-sommeil-francais-baisse-conseils/