Voici l’une des questions que les futurs parents se posent toujours – même s’ils ne l’expriment pas ouvertement – et c’est une inquiétude légitime. Mais rassurez-vous : l’immense majorité des accouchements se passe vraiment bien, sans la moindre complication pour vous et votre enfant.

Néanmoins, il y a quelques situations problématiques qui peuvent exposer votre bébé à être hospitalisé à sa naissance, et donc à être séparé de vous très tôt.

La parentalité dans laquelle nous, les futurs parents, nous engageons, c’est aussi une forme d’acceptation de ce que la vie nous offre : de grandes joies, évidemment, mais aussi des inquiétudes, des douleurs, des moments tristes et quoi qu’il en soit, le souci de l’enfant et de ce qu’il adviendra de lui. C’est notre destin – nous devons l’accepter !

Les pathologies détectées dès la grossesse

Il y a tout d’abord les situations dans lesquelles on sait, avant même la naissance, que votre bébé va devoir être hospitalisé en milieu néonatal. Il s’agit généralement de pathologies dont le diagnostic a été établi pendant la grossesse (les échographies ayant beaucoup progressé ces dernières années) et dont on sait qu’elles vont nécessiter une prise en charge chirurgicale précoce.

On peut citer entre autres :

  • Les hernies diaphragmatiques ;
  • L’atrésie de l’œsophage ;
  • Les cardiopathies congénitales ;
  • Certaines fentes palatines...

Dans ces rares cas, tout est organisé en amont de la naissance. On fait en sorte que le bébé naisse dans l’hôpital dans lequel il va être pris en charge, afin qu’il n’y ait pas de séparation avec vous.

Les hospitalisations imprévues

Malheureusement, la plupart du temps, l’hospitalisation de votre bébé est une mauvaise surprise. Cependant, gardez à l’esprit que même dans les cas où votre petit est hospitalisé, tout se termine de manière très favorable. Là encore, les progrès ont été extrêmement importants ces dernières années.

La première cause d’hospitalisation imprévue : la prématurité

Il faut distinguer :

  • Les bébés que l’on nomme « extrêmement prématurés », c’est-à-dire nés entre 22 et 26 semaines d’aménorrhée (avant 6 mois révolus). Là, il faut bien admettre que les résultats de la réanimation sont parfois décevants (60 % de survie en cas de naissance avant 24 semaines).
  • Les bébés « grands prématurés » (nés entre 27 et 31 semaines, donc avant 7 mois révolus) parmi lesquels 94 % survivront.
  • Enfin, les bébés modérément prématurés (nés entre 32 et 34 semaines, donc avant le début du 8e mois) dont la survie dépasse 99 %.

Les complications qui accompagnent les très grandes prématurités peuvent être respiratoires, cérébrales ou digestives. Mais même dans de telles situations, les pourcentages de survie sans séquelles demeurent très importants.

Généralement, on dit que votre bébé vous sera rendu au moment où il aurait dû naître – cela peut donc prendre plusieurs semaines, en fonction du degré de prématurité.

Les autres causes d’hospitalisation inopinée

Il s'agit des bébés dont la naissance ne s’est pas déroulée comme prévu. Que l'accouchement lui-même ait été difficile (extraction compliquée) ou que le bébé ait souffert in utero avant sa naissance, les premiers cris peuvent se faire un peu attendre et une prise en charge pédiatrique va être nécessaire.

En général, le pédiatre est prévenu très tôt et se trouve présent sur place au moment de la naissance, ce qui permet une prise en charge immédiate et les meilleures chances de rétablissement.

Dans la plupart des situations, le bébé va récupérer très rapidement et il va vous être rendu alors que vous êtes toujours en salle de naissance (pendant les deux heures règlementaires qui suivent l’accouchement).

Mais parfois, le bébé va nécessiter des soins de réanimation et il va être hospitalisé en réanimation néonatale. Pour les parents, c'est malheureusement une double peine : ils vont être séparés car leur enfant va être transféré dans un autre établissement, et pendant ce temps, ils vont naturellement être extrêmement inquiets de son devenir.

À cet égard, sachez que tout sera fait pour essayer de vous trouver une place d’hospitalisation dans le même hôpital que votre bébé. D’autre part, sachez aussi que les parents sont bienvenus dans les services de néonatalogie, tous les jours et 24 heures sur 24.

Les transferts en milieu néonatal

Enfin, certains événements surviennent pendant les jours qui suivent la naissance et vont nécessiter un transfert en milieu néonatal.

Il s’agit essentiellement des « infections bactériennes néonatales précoces ». Comme vous le savez, votre bébé in utero ne connaît qu’un milieu stérile. Dès sa naissance, il va être confronté à la flore bactérienne omniprésente du milieu extérieur, ce qui peut donner lieu à une infection. Celle-ci va requérir une antibiothérapie de quelques jours – et en général, ce traitement ne peut pas être administré dans une maternité de niveau 1.

D’autres événements pathologiques peuvent se présenter et nécessiter une brève hospitalisation :

  • les troubles de régulation de la glycémie (taux de glucose du sang) ;
  • les troubles de régulation de la calcémie (taux de calcium) ;
  • les troubles de régulation de la température (bébé de petit poids qui ne parvient pas à maintenir sa température corporelle) ;
  • certains traitements maternels qui justifient une surveillance un peu approfondie (bétabloquants, benzodiazépines, etc.).

Malgré cette énumération anxiogène, sachez que vous pouvez garder une grande confiance dans notre médecine moderne. Tout est fait pour optimiser la sécurité de la grossesse et de la naissance – avec de magnifiques succès.

Dr Armand LAHANA
Pédiatre, Paris